Supprimer tous les impôts

483 taxes, 45% du PIB prélevé, des milliards de paperasse. Et si on arrêtait tout ? Un plan radical pour en finir avec la fiscalité confiscatoire — en commençant par la TVA à 0% sur les produits de première nécessité.

Le constat

483 taxes : la France, championne du monde de la pression fiscale

La France détient un record mondial : 483 taxes, impôts, contributions et cotisations différentes, selon le recensement de la Fondation iFRAP. Un labyrinthe fiscal où personne ne s'y retrouve — pas même l'administration.

45,1%
du PIB en prélèvements obligatoires (2021) — 2ᵉ de l'OCDE
483
taxes, impôts et cotisations différentes
~1 300 Md€
recettes fiscales annuelles totales
60 Md€
coût annuel de la collecte et du contrôle fiscal

Où va l'argent ?

  • TVA — 200 Md€/an. 20% sur presque tout. Un impôt injuste qui frappe proportionnellement plus les pauvres.
  • Cotisations sociales — 400 Md€/an. Prélevées avant même que le salarié voie son salaire.
  • Impôt sur le revenu — 90 Md€/an. 50% des Français ne le paient pas... mais paient tout le reste.
  • Impôt sur les sociétés — 60 Md€/an. Les entreprises françaises sont parmi les plus taxées d'Europe.
  • Taxes diverses — 200+ taxes à faible rendement (moins de 150 M€), coûtant plus à collecter qu'elles ne rapportent.
« La France est championne du poids des impôts dans la richesse nationale... mais elle est aussi championne du monde du nombre des impôts. » — Fondation iFRAP, 2021
Priorité n°1

TVA 0% sur les produits de première nécessité

La TVA est l'impôt le plus injuste qui soit. Un smicard et un millionnaire paient le même taux sur leur baguette de pain. C'est un impôt anti-pauvres. La première mesure, immédiate et non négociable : supprimer totalement la TVA sur tout ce qui est indispensable pour vivre.

Produit / ServiceTVA actuellePropositionÉconomie / foyer modeste
Pain, farine, pâtes, riz5,5%0%~60 €/an
Fruits, légumes, œufs, lait5,5%0%~180 €/an
Eau potable (facture)5,5%0%~30 €/an
Électricité, gaz (abonnement de base)20% / 5,5%0%~250 €/an
Médicaments remboursables2,1%0%~15 €/an
Transports en commun10%0%~120 €/an
Livres, fournitures scolaires5,5%0%~40 €/an
Protections hygiéniques, couches20%0%~50 €/an
TOTAL ÉCONOMIE / AN~745 €

💡 Impact immédiat

Pour un foyer au SMIC (1 400 € net/mois), c'est l'équivalent d'un demi-mois de salaire rendu chaque année. Sans paperasse, sans déclaration, sans condition de ressources. Juste une vie moins chère. Coût pour l'État : ~30 Md€/an — l'équivalent du budget de 3 mois de niches fiscales.

La vision

Pourquoi supprimer tous les impôts directs et indirects

1. L'impôt est un vol légalisé

Prélevé sous la menace (amendes, prison), sans consentement réel. Le « consentement à l'impôt » est une fiction : personne ne signe un chèque aux impôts avec le sourire. C'est la seule transaction où l'une des parties est obligée d'accepter.

2. La complexité tue l'économie

Le Code général des impôts fait 4 000 pages. Les entreprises françaises consacrent en moyenne 140 heures par an à la paperasse fiscale (contre 50h en moyenne OCDE). Chaque heure passée à remplir des formulaires est une heure non consacrée à créer de la valeur.

3. L'impôt est régressif pour les pauvres

Les 10% les plus pauvres consacrent 35% de leurs revenus aux taxes à la consommation (TVA, TICPE...). Les 10% les plus riches n'y consacrent que 12%. Le système fiscal français est une machine à appauvrir les plus fragiles.

4. L'argent public est massivement gaspillé

Cour des comptes 2024 : 12 à 15 milliards d'euros de fraudes sociales par an. 60 à 80 milliards d'évasion fiscale. Des dizaines de milliards en doublons administratifs, projets inutiles, et subventions aux grandes entreprises qui n'en ont pas besoin. Avant de parler de nouveaux impôts, parlons de l'argent déjà prélevé et gaspillé.

5. L'impôt finance un État obèse

5,7 millions de fonctionnaires. 1 200 agences et opérateurs de l'État. Des milliers de comités consultatifs (Théodule). Un millefeuille territorial (communes, intercommunalités, départements, régions, État) qui empile les compétences et les coûts.

Les alternatives

Comment financer l'État sans impôts ?

La question qui revient toujours : « Mais comment on paie les routes, les écoles, les hôpitaux ? » Réponse : il existe plusieurs mécanismes de financement qui ne passent pas par la confiscation fiscale.

1. Les ressources naturelles — comme l'Alaska ou la Norvège

L'Alaska prélève une redevance sur l'extraction pétrolière et reverse un dividende annuel à chaque résident (~1 600 $/personne en 2023). La Norvège a constitué le plus grand fonds souverain au monde (1 400 Md€) grâce aux revenus du pétrole. Pourquoi la France ne fait-elle pas pareil avec ses ressources ? L'eau (Danone, Nestlé), les forêts, le spectre hertzien (5G), les données personnelles — tout cela a une valeur qui devrait revenir aux citoyens, pas aux multinationales.

2. La création monétaire démocratique

Aujourd'hui, la création monétaire est déléguée aux banques privées, qui créent 90% de la masse monétaire sous forme de crédits. Si l'État reprenait ce pouvoir (comme le propose la théorie de la « monnaie pleine » ou le « 100% money » d'Irving Fisher), il pourrait financer directement les services publics sans passer par l'impôt — et sans créer d'inflation si la quantité de monnaie est correctement calibrée.

3. La réduction massive des dépenses

Si on supprime les impôts, on doit aussi réduire l'État. Et c'est une bonne nouvelle. Un État minimal — défense, justice, police, éducation de base, santé publique — coûte environ 10 à 15% du PIB (c'est ce que dépensait la France dans les années 1950). Aujourd'hui on est à 58% du PIB de dépenses publiques. La différence, c'est du gras : millefeuille administratif, subventions aux grandes entreprises, projets inutiles, bureaucratie pléthorique.

4. Les contributions volontaires et la redevance à l'usage

Péages pour les autoroutes (déjà en place), ticket modérateur pour les soins non urgents, financement participatif pour les projets locaux. Quand les citoyens voient concrètement où va leur argent, ils sont plus enclins à contribuer. Aujourd'hui, l'impôt est une boîte noire : personne ne sait vraiment où partent ses 45%.

Plan d'action

Ce qu'on propose, étape par étape

  1. Jour 1 : TVA 0% sur les produits de première nécessité (alimentation de base, eau, énergie de première nécessité, médicaments, transports, hygiène). Impact immédiat pour les plus modestes : +745 €/an de pouvoir d'achat.
  2. Année 1 : Suppression des 200+ micro-taxes qui coûtent plus cher à collecter qu'elles ne rapportent. Simplification radicale du code des impôts.
  3. Année 2 : Remplacement des cotisations sociales par un financement par création monétaire ciblée sur la protection sociale. Le travail n'est plus taxé.
  4. Année 3 : Suppression de l'impôt sur le revenu pour tous les revenus inférieurs à 5× le SMIC (soit 95% des foyers). Conservation d'une contribution symbolique pour les très hauts revenus.
  5. Année 4 : Mise en place d'un revenu des ressources naturelles — l'État perçoit des redevances sur l'eau, les forêts, le spectre hertzien, les données, et reverse un dividende citoyen.
  6. Année 5 : Réduction de la dépense publique à 25% du PIB — suppression des doublons administratifs, fusion des collectivités, fin des subventions aux grandes entreprises.

Le résultat final : un État minimal financé par les ressources naturelles et la création monétaire, des citoyens libérés du fardeau fiscal, et une économie libérée de 4 000 pages de code des impôts. L'argent rendu aux Français, c'est plus de 1 000 milliards d'euros par an qui retournent dans l'économie réelle.

Sources et références